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L'édito de décembre
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La valeur silencieuse de la confiance
Dans nos métiers, il existe des mots que l'on prononce souvent, mais dont la portée réelle ne se mesure qu'en actes. Parmi eux, la confiance occupe une place singulière. Elle ne s'achète pas, ne s'impose pas, ne se décrète pas : elle se construit, patiemment, à travers la cohérence entre ce que l'on dit et ce que l'on fait.
Et s'il est un domaine où cette vérité prend tout son sens, c'est bien celui de l'Art dentaire. Le patient, lorsqu'il franchit la porte du cabinet, fait un pari. Il accepte de s'en remettre à quelqu'un qu'il ne connaît pas vraiment, dans un univers qu'il ne maîtrise pas, pour une partie de lui qu'il ne peut ni voir ni contrôler : son propre sourire. Le praticien travaille dans une zone invisible, parfois anxiogène, souvent méconnue. Tout repose alors sur un lien immatériel mais essentiel : la confiance.
Une confiance qui se nourrit de transparence, de gestes justes, de paroles tenues. Ce n'est pas uniquement la compétence qui rassure, mais la loyauté du professionnel derrière la compétence. Le patient ne sait pas si la céramique est parfaitement stratifiée, si la préparation est idéale, si le protocole est millimétré. Ce qu'il sait, ou espère, c'est qu'il n'a pas été trahi.
Ce même pacte silencieux unit aussi l'équipe médicale : chirurgien-dentiste, assistante et prothésiste. La dentisterie moderne n'est pas l'oeuvre d'un seul, mais d'un réseau de savoir-faire coordonnés. Lorsqu'un maillon trahit l'esprit commun, tout l'édifice se fissure. La relation de confiance n'est pas accessoire, elle est l'armature du résultat.
Il en va de même dans le monde de la formation. On peut transmettre des connaissances en une heure, mais on ne transmet pas un métier sans exemplarité. La pédagogie n'est pas un "contenu" surfacique que l'on distribue à la demande ; c'est un engagement. Ceux qui enseignent prennent la responsabilité d'être non seulement compétents, mais loyaux envers leurs apprenants, leurs pairs et ce qu'ils représentent.
"La confiance se perd en litres et se regagne en gouttes d'eau" - Jean-Paul Sartre
A l'heure où les faux prophètes abondent, où l'on s'improvise expert après trois vidéos, où l'on confond pédagogie et mise en scène, visibilité et légitimité, il est urgent de se rappeler que la maîtrise d'un Art ne se copie pas, ne se recycle pas, ne se délocalise pas. Elle se vit, se pratique, se prouve. Ceux qui apprennnent aujourd'hui seront les praticiens de demain. Ils méritent mieux qu'un vernis de savoir. Ils méritent que l'on respecte la valeur de leur engagement, de leur temps, de leur confiance.
A l'Académie du Sourire, nous avons toujours considéré que cette confiance n'était pas un accessoire marketing, mais un contrat moral. Nos apprenants savent qu'ils sont formés par des praticiens légitimes, expérimentés, qui ne transmettent pas seulement un savoir-faire, mais un savoir-être. Et si nous devons retenir une leçon commune, dans la clinique comme dans la pédagogie, c'est bien celle-ci : la relation de confiance n'est jamais un dû. Elle est un honneur. Et comme tout honneur, elle exige d'être protégée. Nous avons hâte de vous retrouver en janvier, pour continuer à grandir ensemble, en toute confiance.
Romain Ceinos
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